« RETRAITES À 700 EUROS : QUAND NOS ANCIENS SONT CONTRAINTS DE MENDIER POUR SURVIVRE »

Cette scène d’une retraitée de 80 ans contrainte de faire la manche à Paris avec 700 euros de pension rappelle brutalement que la promesse d’un modèle social exemplaire ne protège plus tous nos aînés. Dans un pays où la pension moyenne tourne autour de 1 650 euros bruts, près de deux millions de retraités vivent pourtant sous le seuil de pauvreté et peinent à se nourrir correctement.

Une “exception sociale” en trompe‑l’œil
La France aime se décrire comme une référence en matière de protection sociale, avec un système de retraites présenté comme l’un des plus généreux au monde. Derrière cette image, les écarts explosent : les 10% de retraités les plus pauvres touchent en moyenne à peine 790 euros par mois, bien loin du coût réel de la vie dans des villes comme Paris.

Pendant que certains seniors bénéficient de pensions confortables, d’autres, comme cette octogénaire à 700 euros, sont condamnés à mendier pour simplement manger à leur faim. L’inflation, les loyers et l’énergie grignotent chaque mois un peu plus ces petites retraites, transformant la fin de vie en course d’obstacles permanente.

Nos aînés, travailleurs de l’ombre
Ces femmes et ces hommes ont bâti le pays, souvent au prix de vies entières de travail pénible, de carrières hachées, de temps partiels imposés ou de salaires sous‑évalués. Beaucoup ont accepté ces sacrifices au nom d’un pacte implicite : après quarante ans de labeur, la société leur garantirait une fin de vie digne, à l’abri du besoin.

Ce pacte est aujourd’hui brisé lorsque l’on découvre des retraités obligés de cumuler petits boulots, aide alimentaire et manche pour survivre. À 70, 75 ou 80 ans, certains continuent de travailler ou de demander l’aumône, non pas pour “se faire plaisir”, mais pour payer un loyer, un chauffage, un traitement médical.

L’abandon silencieux de nos anciens
La crise sanitaire du Covid a déjà révélé au grand jour le traitement parfois indigne réservé aux personnes âgées, enfermées dans des établissements sous‑dotés, parfois privées de visites, de soins et même de parole. Des scandales ont mis en lumière des pratiques de surmédication ou de contention, révélant une logique de gestion comptable là où devrait primer la dignité humaine.

Ce qui se joue dans la rue, devant l’objectif d’un smartphone, n’est que la continuité de ce mépris discret : tant que nos anciens restent invisibles, leur précarité dérange peu les discours officiels sur la “modernisation” des retraites. Lorsqu’ils apparaissent enfin, c’est souvent trop tard, au moment où leur corps, leur santé mentale et leur dignité ont déjà été entamés par des années de renoncements.

Pourquoi il faut soutenir nos parents
Cet article est un rappel : l’État ne rend plus à nos parents ce qu’ils ont apporté au pays, et rien ne garantit qu’il leur offrira une fin de vie confortable. Compter uniquement sur les dispositifs publics et les revalorisations ponctuelles, alors que le “minimum vieillesse” lui‑même reste sous le seuil de pauvreté, revient à accepter que nos anciens vivent dans la honte et le manque.

Soutenir nos parents et grands‑parents, ce n’est pas seulement les aider financièrement quand c’est possible, c’est aussi :
• Refuser de banaliser des pensions indécentes, en portant leur parole dans l’espace public.
• Les accompagner dans leurs démarches, leurs droits, leurs recours, pour qu’aucune aide à laquelle ils ont droit ne reste non demandée.
• Veiller à leurs conditions de vie, à leur alimentation, à leur santé, comme on le ferait pour un enfant dont on sait qu’il est fragile.
Un avertissement pour ceux qui viennent après
Cette retraitée qui tend la main dans les rues de Paris est aussi un miroir tendu à ceux qui travaillent aujourd’hui. Chacun devrait se demander quel destin l’attend si rien ne change : une carrière morcelée, un salaire instable, une inflation durable et, au bout du chemin, quelques centaines d’euros à peine pour vivre.

Ce rappel vaut donc avertissement :
• Pour les actifs, qui ne peuvent plus se contenter de croire à la promesse automatique d’une retraite paisible.
• Pour les citoyens, invités à défendre un modèle social réellement protecteur, où aucun senior ne serait obligé de mendier pour manger.
• Pour les familles, appelées à se parler, à s’organiser, à ne plus laisser leurs anciens affronter seuls la précarité et la fin de vie.
Tant que des personnes âgées seront contraintes de faire la manche pour se nourrir, le débat ne devrait pas porter sur le “coût” de la vieillesse, mais sur le prix que la société est prête à payer pour préserver ce qui fait encore d’elle une communauté humaine : le respect de ceux qui ont déjà tout donné.

MD

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