LA MORT DE QUENTIN : SYMPTÔME D’UNE POLITIQUE QUI DIVISE POUR RÉGNER

La mort tragique de Quentin, étudiant lyonnais de 23 ans lynché lors d’affrontements politiques à Lyon, dépasse le simple fait divers. Elle n’est pas seulement le résultat d’une rixe violente entre militants antagonistes. Elle est le symptôme d’un climat politique devenu toxique, d’un système qui ne sert plus réellement les intérêts du peuple, mais qui se nourrit de ses fractures.

Ce drame révèle une réalité inquiétante : la politique, censée organiser la vie collective et protéger les citoyens, semble aujourd’hui devenir une arme contre eux. Maniée par des carriéristes opportunistes, elle entretient les divisions, attise les tensions et laisse prospérer des conflits entre citoyens pendant que les véritables centres de pouvoir demeurent intouchables. Et si rien ne change, le pire est à venir.

UN JEU DE DIVISION ORCHESTRÉ

Aujourd’hui, le mécanisme est devenu évident. La France n’a jamais semblé aussi divisée. Le débat public n’est plus un espace d’échange : c’est un ring. Chaque sujet est transformé en affrontement identitaire. Chaque crise devient un prétexte pour opposer des blocs.

Les partis politiques se présentent comme les défenseurs de fragments de la population : l’ouvrier, le pauvre, le français dit de souche, le bourgeois, le jeune des quartiers, le retraité, le cadre, l’indépendant… Il existe toujours un parti « prévu » pour chaque groupe, comme si la société devait être découpée en segments concurrents. Officiellement, chacun prétend défendre ses électeurs. Officieusement, cette fragmentation sert un autre objectif : empêcher l’union des classes populaires et moyennes autour d’intérêts communs.

Car pendant que les citoyens se soupçonnent et se déchirent, une élite sécurise ses privilèges. Le smicard à qui l’on fait croire que le migrant est responsable de son appauvrissement détourne sa colère des mécanismes économiques et politiques réels. Pendant ce temps, ceux qui profitent du système — les vrais « assistés » du haut, subventionnés, protégés, déconnectés — continuent de se gaver, à l’abri des conséquences.

LES FEUX DE LA PROPAGANDE : MUSULMANS, ANTISÉMITISME, TENSIONS COMMUNAUTAIRES

Cette division ne se limite pas aux classes sociales. Elle s’appuie aussi sur des fractures communautaires entretenues, instrumentalisées, parfois même organisées.

Depuis plusieurs années, une propagande islamophobe se banalise dans l’espace public : suspicion généralisée, amalgames constants, traitements médiatiques qui transforment des millions de citoyens musulmans en problème permanent. Cette mise en accusation diffuse alimente la peur, la défiance, et justifie des politiques sécuritaires — sans jamais régler les causes profondes du malaise social.

Dans le même temps, l’antisémitisme est (à juste titre) un sujet grave qui appelle une lutte ferme. Mais lorsqu’il devient, dans le traitement politique, une lutte « exclusive » ou hiérarchisée, certains finissent par ressentir une injustice : d’autres racismes et discriminations apparaissent moins reconnus, moins défendus, moins médiatisés. Et cette perception — qu’elle soit totalement vraie ou partiellement construite — crée des rancœurs supplémentaires, qui deviennent un carburant parfait pour les entrepreneurs de haine.

Pire : au lieu d’éteindre l’incendie, certains soufflent dessus. Des influenceurs, des relais médiatiques, des acteurs publics ou semi-publics jouent parfois le rôle d’agents de tension, installant l’idée que des communautés seraient naturellement ennemies. Résultat : des frictions grandissent entre la communauté noire et la communauté maghrébine, sur fond de stéréotypes, de concurrence sociale, de provocations permanentes, et d’une négrophobie latente que l’on préfère souvent minimiser plutôt que traiter franchement. On met en scène des conflits « horizontaux » entre dominés — pendant que les dominants, eux, restent hors champ.

Enfin, une autre fracture s’ajoute : celle des « Français de souche » qui dénoncent des discriminations ou un déclassement, mais à qui l’on refuse parfois la légitimité de se dire victimes, de peur d’alimenter l’extrême droite. Ce déni produit l’effet inverse : il laisse le terrain à ceux qui récupèrent la souffrance réelle pour la transformer en haine politique.

On prétend vendre le « vivre ensemble » mais on parque la population dans des environnements distincts selon l’origine, la classe sociale et le territoire. Séparation résidentielle, séparation scolaire, séparation économique : le pays est découpé en mondes parallèles, qui se croisent sans se connaître, et finissent par se craindre.

LA MORT DE QUENTIN : LA VIOLENCE COMME PRODUIT D’UN SYSTÈME

La mort de Quentin, pris dans un affrontement entre militants identitaires et antifascistes, illustre cette fracture. Deux camps convaincus d’être les derniers remparts contre le mal s’affrontent dans une logique de guerre intérieure. Dans ce théâtre d’oppositions « absolues » l’adversaire n’est plus un citoyen : c’est une menace. Et quand l’autre devient une menace, la violence devient plus facile.

Quentin n’est pas seulement une victime d’un soir. Il devient le symbole d’un pays où la conflictualité est devenue une norme politique, presque une méthode de gouvernement : diviser, occuper, opposer, canaliser la rage vers de faux ennemis — pendant que les responsables réels de la casse sociale restent hors d’atteinte.

LE PIRE EST À VENIR

Tant que la politique restera cet outil de division au service d’une élite déconnectée, des tragédies comme celle de Quentin risquent de se multiplier. Car la colère sociale est là, profonde, légitime, alimentée par la précarité, l’injustice, l’humiliation et le sentiment d’abandon. Si cette colère continue d’être redirigée vers des boucs émissaires — l’immigré, le musulman, le juif, le blanc,

le noir, le maghrébin, le bobo, le prolo — alors la société ne fera que s’endurcir et se fracturer davantage.

Il est temps de voir au-delà des masques partisans et de refuser ce cirque qui oppose les citoyens entre eux. Le peuple mérite mieux que des carriéristes qui attisent les haines pour conserver leurs sièges. Il mérite une politique qui répare, rassemble, protège — au lieu d’organiser des guerres internes pour maintenir l’ordre des privilégiés.

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