CHRONIQUE : « GDE » – SULTAN X ROHFF, LE RETOUR DES VRAIS

Il y a des morceaux qui réveillent des souvenirs, d’autres qui rallument des braises. “GDE” de Sultan en featuring avec Rohff appartient à cette catégorie rare : celle des hymnes qui réaffirment la vigueur, la fierté et l’ADN pur du rap français.
Dès les premières secondes, on sent que les deux vieux frères d’armes, auteurs du classique 4 Étoiles, n’ont rien perdu de leur alchimie brûlante. La connexion Sultan–Rohff, c’est la garantie d’une énergie brute, d’un flow maîtrisé à la perfection, et d’une intensité qui fait trembler les murs de Paname.

Rohff, le Noirabe royal renaît de ses cendres
Sur GDE, Rohff revient comme un fauve libéré. Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas entendu avec une telle intensité. Son couplet, c’est du plomb pur. Flow tendu, rimes au cordeau, charisme royal.
À ce stade de carrière – plus de trente piges dans le game – le mc prouve qu’il n’a jamais perdu la main. Oui, pendant un temps, ses prods l’ont desservi, donnant prise à ceux qui voulaient le ranger au rayon des “anciens has been”. Mais ici, tout change.
La prod est taillée pour lui : brutale, nerveuse, sans concession. Cette fois, Rohff rappe comme s’il avait encore tout à prouver, avec la même faim qu’à l’époque de La Fierté des Nôtres. Le trône est vacant, il revient s’asseoir dessus, naturellement.

Sultan aussi renaît, plus affûté que jamais
Mais ce serait une erreur de croire que tout vient de Rohff. Sultan, lui aussi, brille fort. Ce featuring lui donne un second souffle.
Le mc sort d’une période compliquée, où son passage dans la Team BS avait brouillé son image de kickeur pur. Mais là, il retrouve son ADN.
Sur GDE, Sultan rappe avec un feu qu’on ne lui avait pas entendu depuis longtemps. C’est cette rage du mec qui veut prouver qu’il est toujours là, qu’il a survécu, qu’il peut rivaliser à armes égales avec les meilleurs. Et il réussit. À deux, ils se rendent service, ils s’élèvent mutuellement.

Une claque de virilité dans un rap trop doux
Aujourd’hui, le rap se féminise, se parfume, se digitalise. Trop d’autotune, trop de mélodies mielleuses. “GDE”, c’est le contrepoison. Une dose de testostérone, de kickage, d’ego trip bien placé. Une gifle pour rappeler que le hip-hop, c’est d’abord une question d’attitude, pas d’algorithme.
On retrouve cette authenticité qu’on croyait perdue, ce feu qui manque tant dans le rap game actuel. Ici, pas de calcul, pas de single calibré pour TikTok. Juste deux rappeurs qui rappent — fort, juste, vrai.

Le trône est vacant, Rohff s’assoit dessus
Pendant que Booba, son éternel rival, s’enferme dans des excès d’autotune et des clashs de plus en plus creux, Rohff, lui, remet les mains dans la glaise du rap pur. Booba semble avoir accepté sa retraite dorée, visiblement plus intéressé par l’empire du streaming que par la performance.

Pendant que certains s’enlisent dans le confort du stream, Rohff et Sultan rappent pour les puristes. “GDE” n’est pas un morceau de nostalgie — c’est une résurrection.
Rohff prouve qu’il peut rimer éternellement, jusqu’à 90 piges s’il le faut. Sultan, lui, rappelle qu’il a sa place parmi les vrais. Ensemble, ils remettent de la force, de la sueur et de l’honneur dans un rap français qu’on croyait sous perfusion.
Le message est simple : le rap, le vrai, respire encore — et tant que des mecs comme Rohff et Sultan tiendront le micro, il ne mourra jamais.

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