
Booba commence fort l’année : pendant que tout le monde se contente de « bonne année, santé, bonheur », lui poste un message sombre en noir et blanc, siglé « La Piraterie », dédié à la famille Keita et surmonté d’un gigantesque chiffre 7 en hommage à son ami Brams, disparu il y a plusieurs années. Ce « 7 » devient presque un logo spirituel, une façon de rappeler que derrière la marque, il y a un deuil, une famille et un mythe soigneusement entretenu.
Booba, la Piraterie et la légende Keita :
Dans son message, Booba remercie « la famille Keita » comme on remercie son premier label, en mode crédit de fin de film, mais version bande organisée. Le chiffre 7, posé au milieu comme un monument funéraire graphique, renvoie à Brams, ami proche du rappeur, lui-même membre de cette famille, et dont la mémoire est régulièrement convoquée pour nourrir le récit héroïque de la Piraterie. En quelques lignes, Booba réécrit son storytelling : la Piraterie n’est plus seulement une marque, c’est presque une fraternité sacrée, avec ses martyrs, ses symboles et son merchandising.
Yahia, Piraterie et PRT : le conflit fantôme :
On nous avait vendu un « clash » autour de la marque Piraterie, un soap-opéra opposant Booba à Yahia, supposément trahi au nom du business. En réalité, tout laisse penser que ce conflit relèverait davantage du roman-feuilleton marketing que du véritable champ de bataille et que la création de PRT ne serait pas l’issue sanglante d’une guerre des egos, mais juste une extension de gamme bien réfléchie. La légende du conflit, elle, sert à nourrir le mythe du pirate incompris, obligé de tout refaire tout seul contre vents, marées et avocats.

Protéger les femmes… sauf quand il tweete
Dans son message, Booba termine sur une morale : « Femmes et enfants d’abord. Protégez-les du mieux que vous pouvez. Peu importe comment vous allez faites au mieux pour eux. Le reste… ». Un joli discours, presque digne d’un spot de prévention, si on oubliait le léger détail : le même Booba n’hésite pas à clasher Aya Nakamura, Théodora ou l’influenceuse Pounsi à coups de posts assassins et d’attaques personnelles dès que ça l’arrange. Le capitaine de la Piraterie joue donc les protecteurs de la veuve et de l’orphelin, tout en dégainant le sabre numérique sur les femmes à la moindre occasion, prouvant une fois de plus que sa boussole morale a un sérieux problème de calibration.
DR ÉLIE ET MR BOOBA : la communication schizophrène
Ce message de « bonne année » à sa manière illustre parfaitement le double visage déjà analysé dans la vidéo « DR ÉLIE ET MR BOOBA : TPMG » : d’un côté le père de famille qui prêche la protection des femmes et des enfants, de l’autre le chef des pirates qui bâtit sa communication sur la provocation, le clash et la contradiction permanente. Il se présente en mentor moral tout en entretenant soigneusement son personnage de justicier agressif des réseaux, utilisant la Piraterie comme écran de fumée pour transformer ses paradoxes en stratégie. Au final, ce post n’est pas seulement un hommage à Brams ou à la famille Keita, c’est surtout un nouvel épisode de la série Booba, où chaque contradiction devient un argument marketing et chaque message un teaser de la prochaine polémique.
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