Strasbourg : Sofiane 19 ans tabassé par des policiers

« Doigts dans les yeux, coups de poing, coups de rangers dans la tête, insultes racistes » : Sofiane, 19 ans, a été tabassé par des policiers à Strasbourg, le 18 mars dernier. Les violences se sont poursuivies jusque dans le commissariat.

Une enquête a été ouverte:

Que s’est il passé à Strasbourg cette nuit-là ? Sofiane était en voiture avec un ami, côté passager. Une patrouille de policiers se met à les suivre, gyrophares allumés. Le chauffeur refuse de s’arrêter & continue à tourner dans la ville.

Lorsqu’il arrive dans son quartier, Sofiane descend du véhicule de son ami & se met à courir. Une patrouille arrive en sens inverse. Tout s’enchaîne vite. Il raconte : « un policier m’a attrapé, les autres sont arrivés & ils se sont mis à me frapper. »
La scène a été filmée.

« Ils m’ont mis des coups de matraque, des doigts dans l’œil, m’ont écrasé le visage. Il y en a qui criait *sale arabe*, *vous les musulmans faut vous la mettre comme ça*, ils m’ont tiré les cheveux. J’arrivais même plus à dire aïe, je pouvais plus rien dire » raconte Sofiane.

Il est alors embarqué par les policiers. Dans la voiture, le jeune homme est pris de nausées. Il prévient un policier qu’il va vomir. Frappé au visage, il souffre de multiples contusions. Il finit par vomir sur un policier. « J’ai pas fait exprès mais il s’est énervé. »

Sofiane explique qu’il a été menacé par le policier sur lequel il a vomi : « tu vas voir quand on va arriver, je vais te niquer. » Il poursuit son témoignage : « au commissariat, il s’est remis à me frapper…c’est une collègue à lui qui lui a dit *arrête ! Tu vas le tuer !* »

Sofiane passera 24h en garde à vue…pour possession de cannabis. 60 g. Il en ressortira le nez fracturé avec déplacement, de multiples contusions, et un œdème péri-nasal. Il doit être opéré dans les 48h. Il a évidemment pris un avocat.

Joint, l’avocat de Sofiane explique que vu l’ampleur des blessures, leur gravité, & les preuves, une « procédure a été initiée par des policiers eux-mêmes ». Mais il se dit inquiet quant à la saisine de l’IGPN.

« Ce qui me fait le plus peur c’est qu’on ait saisi l’IGPN dans cette affaire. Comme si on avait besoin d’une enquête de leur part. On a tout : les vidéos, les photos, les témoignages. C’est très clair. Les policiers devraient être jugés en comparution immédiate » estime l’avocat de Sofiane.

Cette histoire s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu. Depuis le début du confinement, en effet, plusieurs habitants des quartiers populaires témoignent d’une recrudescence de la pression & des violences policières.

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